NearShoring, les grandes SSII franchissent le pas.

Les grandes SSII nationales misent désormais sur des centres de proximité implantés en Europe de l’Est et au Maghreb afin sortir d’une crise liée à la pénurie de talents dans le secteur de l’IT. Ainsi, Unilog prend pied au Maroc ; Teamlog s’installe en Slovaquie. La tendance est là, les SSII françaises n’hésitent plus à s’implanter dans les pays proches. Le coût de la main-d’oeuvre y demeure très compétitifs par rapport à la France et les nouvelles équipes ainsi créées ne sont pas trop éloignées de leur maison mère. L’objectif reste bien évidemment de diminuer les coûts, mais également de trouver un juste équilibre entre proximité géographique et spécialisation technologique.

Un gain de compétitivité de 30 à 40 %

 

 

Depuis quelques années déjà, quelques grandes SSII françaises ont entamé des démarches de Nearshoring… Mais à l’intérieur de nos frontières, un mouvement de délocalisation nationale qui offrait déjà un premier avantage en terme de couts de productions. Ainsi, Euriware, basé à Saint-Quentin-en-Yvelines, estime avoir abaissé ses coûts de 8 et 10 % en installant un centre de production à Chambéry, et à Cherbourg. Désormais ces sociétés ont franchis les frontières, principalement en Europe de l’Est ou au Maghreb. Les économies potentielles y seraient d’environ 30 à 40 %, avec un « aller-retour » qui peut s’effectuer dans la journée, sans décalage horaire, ou très peu ; pas de barrière linguistique ; pas de différence de culture technologique… Pour Frédéric-Georges Roux de GFI Informatique, si les conditions techniques et économiques sont différentes, la qualité des prestations restent très proches de celles que l’on trouve à Paris et l’organisation interne-externe ne se trouve pas modifiée.

Structurer des équipes de développement locales autour d’un management français.

 

L’enjeu reste toutefois d’inventer le mode de fonctionnement qui associera fragmentation géographique et évolution technologique. Ainsi, Unilog et Atos Origin conservent un management français, mais emploient des ingénieurs locaux. Capgemini propose un centre SAP à Toulouse pour ses clients français.  Tous les grandes SSI adoptent à peu près le même principe : on conçoit avec le client en France avec des équipes françaises, puis on réalise dans un centre spécialisé localisé à moins d’une journée de transport. Pour Gilles Taldu, membre du comité du directoire de Capgemini, le plus important consiste à définir une unité d’échange commune. A savoir une journée/ homme. Chez Atos, qui a établi un véritable principe de division géographique du travail sur cette base, les tâches sont réparties entre les activités dites de front office (définition des spécifications, recette, management de projet) et celles de back office (développement, support). Les premières sont localisées à proximité des clients ; les secondes dans les centres nearshore.

 

Sortir des déceptions liées aux expériences offshore.

 

A l’autre bout de la chaîne, les ingénieurs développeurs du back office répondent généralement aux critères de qualité imposés par le CMM (Capability Maturity Model). Modèle de référence pour la qualité des développements, cette norme s’inscrit, elle aussi, dans un certain découpage géographique. ‘ Les sociétés de services européennes, ainsi que leurs centres nearshore, ont généralement atteint les niveaux 2 et 3 du CMM,précise Patrice Delaroue, directeur des risques et de l’audit interne chez Steria. Ainsi la SSII française SQLI vient-elle d’ouvrir un centre de développement à Rabat, au Maroc, en s’appuyant sur cette démarche de qualité. Grâce à ce découpage mondial des compétences, les activités nearshore rencontrent du succès en France, après des expériences indiennes ou chinoises pas toujours satisfaisantes. Pour Elisabeth de Maulde, directrice associée du cabinet d’études PAC, les SSII françaises qui ont tenté l’expérience offshore en Inde se sont rendu compte que les centres nearshore étaient mieux adaptés à la demande des clients hexagonaux. Et aussi, dans certains cas, bien moins coûteux qu’en Inde. Plus le pays d’accueil est éloigné, plus les surcoûts liés aux communications, au transport et surtout au management se révèlent importants.

 

 

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